- Peux-tu expliquer pourquoi tu vis à contretemps? demanda un jour Arthur.
- Parce que tous les magiciens vivent ainsi, répondit Merlin
- Et pourquoi cela?
-Parce que nous le voulons. Cela présente beaucoup d'avantages.
- Je n'en vois aucun, persista Arthur, en pensant aux étranges habitudes de Merlin comme de prendre son petit
déjeuner avant d'aller se coucher.
- Viens, je vais te montrer quelque chose, répondit Merlin en entrainant Arthur hors de la grotte de cristal.
C'était par un chaud après-midi d'été, le soleil était brûlant et les églantines affaissées pendaient presque à ras de terre.
- Maintenant, dit Merlin en tendant à l'enfant une bêche, commence à creuser une tranchée d'ici à là, et ne t'arrêtes pas avant que je te l'aie dit.
Arthur se lança dans son travail, creusant de toutes ses forces, mais, au bout d'une heure, épuisé, il demanda à Merlin - qui ne lui avait toujours pas donné l'ordre d'arrêter - si elle était assez longue. Merlin regarda la la tranchée qui mesurait environ trois mètres de long sur cinquante centimètres de profondeur.
- Oui bien assez, répondit-il. Maintenant comble-la.
Arthur, bien qu' habitué à obéir, n'apprécia pas tellement cet ordre. En nage, le visage crasseux, il peina sous le soleil écrasant jusqu'à ce que la tranchée fut entièrement rebouchée.
- Maintenant, assieds-toi à coté de moi, ordonna Merlin. Que penses-tu du travail que tu viens de faire?
- Il était inutile, lâcha Arthur.
- Juste! Et c'est le cas de la plupart des entreprises humaines. Quand on découvre leur inutilité, le travail est fini, il est déjà trop tard. Si tu vivais à contretemps, tu aurais estimé inutile de creuser la tranchée et tu n'aurais pas entrepris ce travail.
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On peut comprendre cette leçon en adhérant au principe de l'imagination créatrice,
tout se matérialise à partir de notre état esprit, vous pouvez choisir d'adhérer à ce principe en vous intéressant à l'immatériel ou alors de restez sceptique et ne croire qu'en la matérialité...que vous le vouliez ou non, vous vivez selon votre mode de pensée, on le fait inconsciemment tout au long de nos journées, rien est du au HASARD ...
(notre société actuelle veut ancrer en nous l'idée que le matériel est la SEULE réalité existante, afin que nos vies s'essoufflent, les malheurs futurs ne comptent que sur votre consentement pour prendre forme, ne tombez pas dans "le piège des puissants", votre imagination peut vous sauvez à l'avenir, vous mettre hors de portée de tous les futurs conflits)
...(je cite)
la pratique de la visualisation créatrice ne requiert aucune croyance métaphysique ou spirituelle particulière, même si vous devez acceptez l'idée de considérer certains concepts comme possible. Il n'est pas non plus nécessaire d'avoir foi en une quelconque puissance extérieure à vous-même. Il vous suffit de vouloir enrichir votre connaissance et vos expériences et d'avoir une ouverture d'esprit permettant d'être bien disposé à essayer une pratique nouvelle
Si l'on vous décrit une magnifique fleur ou un somptueux coucher de soleil alors que vous n'en avez jamais vu, pour vous cela peut relevez du miracle (et d'ailleurs c'est un miracle!); mais dès que vous commencez à expérimenter par vous-même et à découvrir un peu comment fonctionnent les lois de la nature qui régissent ces phénomènes, vous commencez à comprendre comment ils se produisent et ils vous semblent alors naturels, sans mystère particulier.
Il en est de même du processus de la visualisation créatrice. Ce qui d'emblée peut paraitre étonnant, voire impossible à NOS ESPRITS MODELÉS PAR UNE ÉDUCATION TRÈS LIMITÉE ET TRÈS RATIONNELLE, devient parfaitement compréhensible une fois que les concepts sous-jacents sont connus et utilisés.
Dès que vous connaitrez et utiliserez ces concepts, vous aurez l'impression d'accomplir des miracles...En vérité, c'est ce que vous ferez!
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(...) pour un esprit médiéval, vivre à contretemps signifiait défier le cycle naturel de la naissance et de la mort.
Quelqu'un qui rajeunit chaque jour se soustrait aux lois immuables entrainant tous les êtres vivants vers le déclin et la mort. La vraie naissance d'un magicien a lieu le jour où il quitte ce monde, en supposant que la mort puisse l'atteindre.
Pour résoudre ce paradoxe, il percevoir le temps comme un magicien.
- Vous autres, mortels, avez emprunté votre nom à la mort, dit Merlin dans la grotte de cristal. On vous appellerait immortels si vous vous perceviez vous-mêmes comme des créatures de vie.
- Ce n'est pas juste. Nous n'avons pas choisi la mort, elle nous a été imposée, protesta Arthur.
- Non. Ce n'est qu'une habitude. Vous vieillissez et mourrez parce que vous voyez les autres vieillir et mourir.
Jetez cette défroque usée et vous cesserez d'être pris au piège dans les filets du temps.
- Jetez la mort? Comment le pourrions-nous? demanda Arthur, intrigué.
- Tout d'abord, remontez à la source de votre habitude. Là, vous trouverez le raisonnement fautif qui, au départ, vous a convaincu de votre mortalité. Une opinion erronée découle toujours d'une faute de raisonnement.
Il suffit de trouver cette faute logique et de la corriger. C'est d'une simplicité enfantine.
Arthur est passé à la postérité comme le "roi d'un jour et de toujours", ce qui impliquait que lui aussi s'est soustrait au sortilège de la mort.
Qu'a t-il trouvé? En quoi consiste la faute logique que dénoncent les magiciens dans notre rapport à la mort?
Il s'agit pour l'essentiel de notre identification au corps (...)pour briser cette fatalité il faut délivrer l'être humain des limitations temporelles. C'est pourquoi le magicien entreprend un voyage pour découvrir la vérité sur le temps. Telle est la véritable signification de la légende selon laquelle Merlin vivait à contretemps : il voulait remonter le temps jusqu'à sa racine.